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Paul Wharton prend sa retraite de la compétition internationale pour faire carrière dans le monde de la finance

PHOTO : Paul Wharton lors du match contre le Mexique à l’occasion des Jeux panaméricains de 2015 tenus à Toronto, en Ontario (Par Yan Huckendubler)

July 10, 2017 | Shaheed Devji | fieldhockey.ca

Paul Wharton a toujours su qu’il y avait davantage que le hockey sur gazon dans la vie.

Après avoir disputé 60 matchs de catégorie senior avec l’Équipe canadienne masculine de hockey sur gazon, le milieu de terrain de Vancouver, en Colombie-Britannique a récemment pris sa retraite de la compétition internationale afin de faire carrière dans le monde de la finance.

« J’ai toujours eu beaucoup de passion pour le hockey sur gazon », a indiqué Wharton. « Mais j’ai aussi d’autres passions. J’ai toujours eu de l’intérêt pour l’économie et la finance, et aussi les nouvelles internationales. »

Avant de prendre sa décision, Wharton a pris congé du programme national pendant une année afin de s’assurer que la retraite était la bonne chose à faire.

Et quand Wharton a obtenu son diplôme universitaire et qu’on lui a offert un stage au sein d’une banque d’investissement spécialisée à New York – où son père vit et où son amie de cœur avait également obtenu l’opportunité de faire un stage, au Musée d’art moderne dans son cas, le parcours à suivre était clair et net à ses yeux.

« New York était un endroit où nous pouvions tous les deux travailler parce que nous avions la citoyenneté, et c’est aussi un endroit où nous voulions tous les deux travailler », a-t-il expliqué. « La seule chose qui me retenait, c’était la possibilité que je joue au hockey ou non. En bout de ligne, cela faisait du sens de
m’arrêter. »

À ses yeux, les faits saillants de sa carrière sont son premier match dans la catégorie senior en 2012 et le tournoi de demi-finale de la Ligue mondiale en 2015, deux événements qui se sont déroulés à Buenos Aires, en Argentine.

Il a également représenté le Canada aux Jeux du Commonwealth de 2014 à Glasgow, en Écosse, ainsi qu’aux Jeux panaméricains de 2015 à Toronto.

En 2015 à Buenos Aires, lors d’un match contre l’Argentine – un rival de longue date et le pays hôte pour cette compétition –, on a vu l’illustration parfaite des impondérables que Wharton amenait à l’équipe, estime l’entraîneur-chef par intérim de l’Équipe nationale masculine Paul Bundy.

« Paul Wharton était probablement notre joueur qui travaillait le plus fort », a noté Bundy. « Il a également été un des joueurs les plus braves que nous ayons jamais eu. Il nous a en quelque sorte amenés à redéfinir notre façon d’aborder le coup de coin de pénalité en ce qui a trait au premier coureur.

« Il y a eu plusieurs matchs et il a poursuivi plusieurs spécialistes des tirs brossés. Ce match-là contre l’Argentine, que nous avons perdu 2-1, il a pourchassé (Gonzalo) Peillat [qui est considéré comme le meilleur exécutant de tirs brossés au monde] neuf fois, je pense. »

Bundy estime aussi que Wharton était le genre de joueur à penser aux besoins de l’équipe avant les siens, une qualité qui porte déjà ses fruits dans sa nouvelle carrière.

« J’ai appris tellement de choses sur le monde des affaires en faisant partie d’une équipe », a indiqué Wharton. « C’est pas mal la même chose, au fond, peu importe si tu es dans un bureau ou sur le terrain. »

« Le travail d’équipe est un élément important de mon identité. Je suis donc très reconnaissant pour les cinq années que j’ai vécues avec l’Équipe nationale parce que j’en ai beaucoup appris sur moi et j’ai beaucoup appris sur la dynamique d’équipe. »

Son attitude et ses habitudes de travail lui sont sans aucun doute utiles dans le monde de la finance, qui a parfois tendance à être tout aussi compétitif que peut l’être un match de hockey sur gazon à l’échelle internationale.

Mais c’est bien ainsi, selon Wharton.

« Je n’aurais jamais pensé que je serais ici à New York à travailler pour une entreprise en finance. Mais m’y voici et je n’ai aucun regret. »

Sauf peut-être les moments passés avec ses anciens coéquipiers, qu’il avait côtoyés dans certains cas depuis son enfance, ainsi que les moments d’ivresse qui accompagnent les succès sur le terrain, comme par exemple celui où le Canada s’est récemment qualifié en vue de la Coupe du monde 2018 en battant l’Inde et en terminant quatrième à son tournoi de ronde demi-finale de la Ligue mondiale à Londres.

« Je ne vais pas vous mentir, c’est un sentiment doux-amer parce que je sais comment on se sent quand on se qualifie pour les Jeux olympiques ou pour un grand événement sportif comme celui-là, et je peux m’imaginer à quel point ça doit être une sensation formidable pour eux », a-t-il déclaré.

« Mais je suis très content pour les gars. J’ai grandi en jouant avec plusieurs d’entre eux, pendant 10 à 15 ans dans certains cas. J’ai presque le sentiment de le partager avec eux, même si ce n’est pas vraiment le cas. J’ai l’impression de vivre leurs moments de triomphe par procuration. »

Ça, c’est quand il n’est pas occupé à vivre sa nouvelle vie dans la Grosse Pomme.